Ordres professionnels : l’intégration des diplômés hors Québec

Au Canada et dans les autres pays occidentaux, l’immigration, et plus particulièrement la place des nouveaux arrivants dans la société, occupe une scène de plus en plus grande dans l’actualité. Les gouvernements espèrent que ceux-ci contribuent à pallier au manque de main d’œuvre, mais force est de constater que leur intégration au marché du travail, ainsi que l’arrimage avec les différents intervenants comme les ordres professionnels, pourraient être améliorés.

Selon le Conseil interprofessionnel du Québec (CIQ), il y a, bon an mal an, 4 500 nouvelles demandes d’équivalence soumises aux ordres professionnels provenant de diplômés hors Québec. Cela représente une hausse de 500 % depuis l’an 2000. Tout indique que cette tendance à la hausse se poursuivra au cours des prochaines années, et il importe de trouver des solutions pour faciliter la reconnaissance des compétences des nouveaux arrivants.

Un enjeu bien réel

Un article, récemment paru dans Le Soleil, faisait état de la difficulté pour les ordres professionnels, d’intégrer les diplômés aux différentes professions. Madame Ghislaine Desrosiers, présidente du CIQ, y explique que « les correctifs doivent être apportés par les ministères en concertation avec l’immigration, et non par les ordres professionnels ». Le CIQ mentionne d’ailleurs que le taux de reconnaissance des ordres professionnels oscille aujourd’hui à 95 %, alors qu’en 1997, il avoisinait 70 %.

En effet, la majorité des dossiers d’admissions par équivalence (95 %) seraient acceptés, mais près de la moitié d’entre eux nécessiteraient des stages d’intégration ne relevant pas des ordres. Cet autre article mentionne que le projet de loi 98 vise justement à créer un poste de commissaire aux admissions, chargé de régler les problèmes de cohésion.

L’actuel commissaire aux plaintes, André Gariépy, mentionne ici que « le problème pour la reconnaissance des compétences vient souvent des délais entre chacune des étapes. Le système doit informer sur les compléments de formation requis et les stages, dans des délais raisonnables. Le processus doit être complet en moins de trois ans, car dans bien des cas, l’absence de travail dans la pratique rend les compétences caduques après trois ou cinq ans. Actuellement, les délais s’étirent entre les étapes. »

Un soutien technologique adéquat pour plus de fluidité

Même si le problème semble être structurel, les ordres professionnels, de leur côté, se doivent de mettre l’épaule à la roue et d’assurer un suivi sans faille des dossiers d’équivalence afin de minimiser les délais.

Pour ce faire, il importe que les processus soient standardisés et que toute l’information soit consignée au dossier : pays de formation, expérience de travail, documents à recevoir, conditions d’admission, etc.

Imaginons par exemple qu’un candidat fasse sa demande d’admission en ligne. Dès lors, il pourrait ajouter les documents pertinents en ligne et suivre le statut de sa demande en temps réel. L’employé de l’ordre, de son côté, pourrait valider les documents, soumettre le dossier au comité et créer un dossier de stage, s’il y a lieu. Des alertes pourraient lui être envoyées pour assurer un suivi lorsque requis. Ainsi, les bonnes actions sont effectuées au bon moment et l’ordre maximiserait les chances de réussite du candidat. À l’aide des données recueillies, les ordres pourraient être en mesure d’apporter des recommandations mieux chiffrées pour résoudre le problème.

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